The POPART project, Preservation Of Plastic ARTefacts in museum collections, Paris, 7-9 mars 2012

Les polymères plastiques développés à large échelle depuis le début du 20è siècle ont été utilisés par les artistes et ces réalisations sont très présentes dans les collections muséales. Nombreux de ces objets ont manifesté des dégradations aussi rapides qu’inattendues et présentent de graves problèmes de conservation.

Ayant fait le constat d’un manque d’expériences et de connaissances de ces matières reposant sur une expertise scientifique, expériences et connaissances qui permettraient de définir comment exposer ces objets de manière à limiter, à ralentir les processus de dégradations, la Commission européenne a soutenu un projet de recherche consacré à la préservation des artefacts en matériaux modernes. Ce projet, intitulé POPART, a été planifié sur une période de 42 mois, d’octobre 2008 à mars 2012. Il a réuni 12 institutions prestigieuses en matière de recherches liées à l’héritage culturel, qui ont travaillé ensemble à une meilleure connaissance des matériaux et de leurs processus d’altération. L’objectif était de développer une stratégie commune visant une amélioration de la préservation des objets en plastiques au sein des collections. Quatre priorités ont été définies : l’identification des plastiques au sein des collections, la connaissance des ces matières, l’évaluation des dégradations et la définition de traitements de conservation.

Au terme de ces trois années de recherches et de collaborations, les partenaires impliqués dans le projet POPART ont souhaité partager et diffuser les résultats de leurs travaux, lors des trois journées de conférence organisées à Paris les 7, 8 et 9 mars dernier. Les étudiants et professeurs de la section “art contemporain” de l’ESA ont tenu à assister en priorité à cette manifestation, conscients de l’enjeu et de la qualité des informations qui y seraient relayées.

Les matinées étaient consacrées à une présentation des résultats des recherches, organisée selon les grands axes du projet à savoir, l’identification, l’étude des matériaux, les processus de dégradation et la définition de traitements. Les après-midi ont donné lieu à des ateliers permettant aux participants d’expérimenter de façon concrète les informations relayées lors des présentations, mais aussi de rencontrer et de dialoguer avec les chercheurs.

Nous avons eu la chance de prendre part à l’atelier intitulé “Simple non-invasive plastics identification” organisé et animé par Colin Williamson et par Friederike Waentig. L’objectif de cet atelier était de nous donner les clés pour différencier, classifier, reconnaître les grandes familles de plastiques, à l’aide de nos 5 sens ou d’informations historiques figurant sur les objets. Les deux animateurs avaient rassemblé à notre intention un grand nombre d’objets, organisés de façon chronologique afin de nous montrer la progression et la diversification des matières.

En conclusion à ces trois journées, lors de la table ronde animée par Thea van Osten, nous avons été particulièrement attentifs aux remarques de Frederieke Waentig, professeur à l’Institut des sciences de la conservation de Cologne. Enseignante, elle a insisté sur le fait que les formations en conservation d’oeuvres d’art devaient s’attacher en priorité à donner les bases nécessaires à une prise en charge de la conservation du patrimoine. Plus encore lorsqu’il s’agit de patrimoine contemporain, le défi est de rendre les futurs conservateurs autonomes dans leur pratique, mais toujours curieux, en recherche d’amélioration au sein d’une discipline en évolution constante. Il s’agit de leur donner les outils pour s’intégrer dans la profession dans son développement actuel et pour continuer à la faire évoluer.

 Ce qui était très marquant et dynamique au cours de ces journées, ce que nous voulons souligner, c’est cette volonté manifeste de partager les informations, de les diffuser de la façon la plus large possible pour en multiplier les retombées. Enfin, soulignons encore l’énergie consacrée à l’établissement de collaborations, de synergies, afin de rassembler les forces autour d’un projet commun reconnu, et au sein duquel les représentants de notre section ont aussi assurément un rôle à jouer.

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