Présentation

Conserver l’art contemporain?

L’art contemporain désigne par convention les oeuvres créées après 1960. Il jouit d’un intérêt toujours croissant auprès des collectionneurs privés ou publics et est omniprésent dans nos sociétés, dans les espaces publics et dans les médias.

Les questions relatives à la conservation de ces oeuvres ont souvent été négligées par les artistes, les conservateurs et les collectionneurs à l’époque de leur création. Depuis quelques décennies cependant, force est de constater que des problématiques insoupçonnées sont aujourd’hui attestées au sein des collections, problématiques qui révèlent des défis techniques et annoncent pour le conservateur et le restaurateur, des remises en questions méthodologiques et déontologiques.

La multiplicité des problèmes techniques liés à la variété des matériaux, au vu de leur fragilité ou de leur obsolescence, oblige le conservateur à élargir considérablement ses connaissances. La diversité des formes et des concepts impose une remise en question de la manière même d’aborder les oeuvres pour prendre en compte toute leur complexité matérielle et immatérielle.

Face aux nombreux questionnements suscités par la conservation de l’art contemporain, le conservateur est amené à engager une réflexion sur ce que pourraient être son ou ses rôles vis-à-vis de la création contemporaine, en envisageant comment il pourrait se mettre au service de l’art et des artistes tout en restant fidèle aux fondements de sa profession même si cela implique un remaniement de ceux-ci.

Un master en conservation-restauration des oeuvres d’art contemporain.

L’objectif de la formation est d’enseigner une déontologie et une méthodologie spécifiques aux oeuvres contemporaines. A la fois théorique et pratique, les connaissances acquises doivent permettre à l’étudiant d’entreprendre ces oeuvres au niveau de l’analyse, de la documentation, de la prise de décision, de la préservation, de la conservation et de la restauration.

Le master comprend deux années de formation. Les cours de “techniques-technologies” et les cours d’atelier sont spécifiques à la spécialisation “art contemporain”. Les cours généraux sont communs à la section de conservation-restauration d’oeuvres d’art.

Dans le cadre des ateliers, la formation insiste sur la dimension réflexive de l’acte de restaurer. Séminaires et conférences ouvertes aux intervenants étrangers, visites et voyages d’études, ateliers encadrés, y compris par des professionnels extérieurs, favorisent contacts, pluridisciplinarité et prise d’autonomie d’un étudiant amené à déterminer son domaine de prédilection.

Un mémoire et la présentation de travaux personnels devant un jury extérieur couronnent des études exigeantes tant sur le plan théorique que pratique.

 D’où venons nous?

Depuis la réforme de Bologne, la section de conservation et de restauration d’oeuvres d’art de l’ESA Saint-Luc de Liège s’est mise en conformité avec les recommandations européenes et organise une formation de type long en cinq années,  trois baccalauréats et deux masters. Elle suit les lignes directrices de la profession telles qu’elles sont définies par l’ ECCO (European Confederation of Conservators Organisation) et est aujourd’hui membre de ENCoRE (European Network for Conservation-Restoration Education).

Dans le but de donner une coloration particulière à la section, le cursus a, dans un premier temps, choisi d’approfondir les “matériaux contemporains” au sens large, propres à la création, à la conservation ou à la restauration. L’équipe pédagogique a pu enrichir ses compétences par une formation continue et assidue, en participant aux colloques, conférences, symposium visant une actualisation de la profession imposée par l’art contemporain. D’autre part, des collaborations et des partenariats ont été établis avec des institutions susceptibles d’apporter des aptitudes complémentaires, en matière d’expertise scientifique par exemple.

La rentrée académique 2011 a donné lieu à une nouvelle évolution de la formation, avec l’élaboration d’un programme de master consacré de façon spécifique à la création contemporaine, avec toutes les évolutions déontologiques, méthodologiques et techniques que cela suppose. En vertu des nombreux contacts qui ont pu être noués lors des rencontres internationales, la formation est aujourd’hui intégrée dans le réseau professionnel lié à la conservation de l’art contemporain. Depuis 2010, l’ESA Saint-Luc est membre de l’INCCA (International Network for the Conservation of Contemporary Art).

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